Bienvenue dans la Bay Of Plenty

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C’est avec les jambes encore endolories par nos quatre jours de marche au Tongariro que nous avons repris la route plus au Nord, direction le lac Taupo et la région de la Bay of Plenty.

La Bay of Plenty, littéralement « La Baie de l’Abondance », s’étire de la péninsule du Coromandel au Cap de Runaway sur 259km de côtes. Riche de plusieurs îles et d’une végétation luxuriante,  la région doit son nom à James Cook qui, en la découvrant, nota l’abondance des ressources qu’elle présentait. On le reconnait, ils ne se foulaient pas trop pour les noms à l’époque. On lui préfère son petit nom en Maori : Te Moana-a-Toi, qui signifie « la mer de Toi ».


 

Le lac Taupo, plus grand lac de Nouvelle-Zélande

Si on veut être précis, le lac Taupo (se prononce « Ta-opo ») ne fait pas partie de la région de la Bay of Plenty, mais du Waikato (on t’en a déjà parlé ici), tout comme le Tongariro d’ailleurs. Mais pour respecter la continuité de notre périple, on t’en parle dans cet article !

Nous avons passé quelques jours dans le coin, pour récupérer un peu de notre rando mais aussi parce que ses bords de lac étaient agréables #RetraitésEnVacances. Avec ses 193km de diamètre et ses 186m de profondeur, autant te dire qu’on avait de quoi faire !

 

Maori Rock Carvings, un peu d’authenticité… forcée.

Nous avons profité du beau temps pour se faire une petite balade en bateau à la découverte d’une gigantesque sculpture maorie de 14 mètres gravée dans un énorme rocher visible seulement depuis l’eau. Oh oui ! Des anciennes sculptures maories dans leur environnement naturel !

Bon, on apprendra sur le bateau que la sculpture n’a rien d’historique au final, puisqu’elle fût créée entre 1976 et 1980 par des artistes maoris pour honorer le souvenir de leurs ancêtres… Il n’empêche que c’était bin beau !

 

Huka falls, des chutes impressionnantes mais pas époustouflantes.

On est aussi passés par les Huka Falls, ces cascades puissantes aux couleurs Canard WC. Célèbres pour leur débit impressionnant, ces chutes figurent dans tous les guides touristiques : là encore, les bus remplis de badauds tartinés à la crème solaire indice 80 et perches à selfie sont partout. « Oui bon de l’eau, c’est de l’eau » me diras-tu ? C’est quand même 200,000 litres qui dévalent les 9 mètres de roches chaque seconde ! Le courant est tel qu’il stoppe toute migration possible pour des espèces comme la truite ou les anguilles qui ne peuvent passer cette barrière naturelle. Résultat ? Impossible de se faire chatouiller les orteils par ces bestioles dans le lac Taupo, merci mère nature !

Impressionnant, mais selon nous rien de trop magique de ce côté-là. Peut-être juste une belle opportunité pour nous de faire notre lessive à moindre frais ? Nan je rigole. #oupas.

 

Voyage géothermique
Roturua, la ville qui sent l’œuf pourri

Oui oui, ça sent l’œuf moisi, partout dans la ville. Pas le bon petit œuf frais à la mayo hein. Non non. Plutôt l’œuf qu’on a oublié au fond du sac à pique-nique… Mais pourquoi ?!? Rotorua est surtout connue en Nouvelle-Zélande pour son activité géothermique assez surnaturelle : geysers géants, sources d’eau chaudes naturelles et et…. émission de soufre un peu partout dans la ville… C’est incroyable ! Mais ça pue.

Du coup un peu partout dans la ville, il y a des choses étranges à voir comme des piscines de boue naturelles (brûlantes), des étangs d’eau brumeuse et odorante, et des cars de Japonais à gogo.

 

En plus de ces attractions naturelles surexploitées par l’homme pour son propre bénéfice (#OlivierBesancenotReviens!), la ville s’autoproclame clairement capitale de l’île du Nord des sports extrêmes. A l’odeur et les geysers environnants s’ajoutent donc un bon gros matraquage commercial de : Jet Boat sur la rivière ! Saut à l’élastique ! VTT à fond la caisse ! Descente de collines dans des bulles gonflables ! Achète ! ACHÈTE ! CONSOMME ! CON$$$$OMME !!!!!!!

Bref… Tu t’en doutes, en bons radins voyageurs responsables que nous sommes, on a fait surtout des activités gratuites… Comme se balader dans le Kuirau Park ou encore dans la Redwoods Forest, avec ses magnifiques arbres aux troncs élancés. Vas y faire un tour, il y a de chouettes balades courtes à faire.

 

Wai-o-Tapu, le parc aux mille couleurs

Bon ok, on a quand même payé pour visiter le Parc géothermique de Wai-o-tapu, parce que ça valait un peu le coup quand même.
A quelques kilomètres au sud de Rotorua, ce parc privé regroupe quelques-unes des meilleures attractions géothermiques du coin. Bains de boue bouillonnante (bizarre à prononcer hein « bou-bouillonnante »), lac vert canard WC ou orange, cavités dans la roche jaunies par les émanations de soufre… Je dois avouer qu’on en a pas mal pris plein les yeux, même si le niveau général de l’eau des sources était assez bas. High-five notamment pour la « Champaign pool » avec ses rebords orange vifs et sa brume perpétuelle.

Un conseil si tu veux faire le parc sans trop de monde : viens tôt, à l’ouverture à 8h30. Pourquoi ? Parce que la compagnie te vend le billet avec une attraction majeure qui ne se trouve pas sur le même site que le parc : tous les jours à 10h15 ils balancent du savon dans un trou de geyser pour réveiller la bête et impressionner les pigeons touristes avec un jet d’eau chaude de 8m de haut. Ça dure 30 minutes puis après tout le monde remonte dans sa voiture et part au pas de course vers le parc. Mesdames et Messieurs c’était le Lady Know Geyser ! Parcours donc le parc pendant ce temps, ça te laissera 2h de relative quiétude à prendre des photos et te balader sereinement !

 

Kerosene Creek, piscine d’eau chaude naturelle

Un dernier stop que nous avons fait dans la région de Rotorua. Tout le monde parle de Kerosene Creek, ce fameux cours d’eau très chaude où tu peux te prélasser en pleine nature. On y a donc été faire un tour, c’était pas pire mais pas magique non plus : oui il y a une piscine naturelle un peu fun pour se poser mais le lieu est assez fréquenté, par les touristes et les locaux, de jour comme de nuit. Si bien que ce lieu reculé en pleine nature, certainement idyllique il y a peine quelques années, s’est peu à peu transformé en spot régulier pour les apéros-beuveries la nuit avec tous les désagréments qui viennent avec : détritus, nuisance sonore, pas mal de vol sur le parking aussi… Bref, sympa mais pas inoubliable !

 

Retour sur la côte

Plus au Nord de Rotorua se trouve Tauranga, la capitale de la région. Située au bord de l’océan, cette petite ville très morcelée abrite le Mont Maunganui, une belle petite colline à gravir à pied pour travailler son cardio.

 

Tauranga a été aussi pour nous l’occasion de retrouver Duan et Sally, un couple de Kiwis que nous avions rencontrés lors de notre escapade à Kawhia Hot Water Beach dans le Waikato (mais si souviens-toi, on en parlait ici). Accueillis comme des rois, nous avons profité d’une belle soirée chez eux autour d’un BBQ (des brochettes de viande !!!) et quelques bières. Même si ce n’était pas la première fois, c’est toujours surprenant de constater à quel point les Kiwis sont accueillants, même avec des gens qu’ils ne connaissent que très peu. Repas, douche, nuitée, qui ouvrirait sa porte aussi facilement en France à des étrangers rencontrés seulement une fois pendant une heure ? Alors pour ça, merci à eux !

 

Kohi point look track, un peu de rando ça fait du bien aussi

A peine les brochettes digérées que nous continuions notre périple le long de la côte vers l’est, direction East Cape. En chemin, nous avions repéré une petite rando sympa près de la ville de Whakatane (se prononce « Fakatané »), la Kohi Point Loop track (merci le Frenzy !).

Longue de quelques heures, cette balade côtière offre une belle halte à mi-chemin, sur une petite plage isolée, accessible seulement à marée basse, où locaux-pêcheurs se mêlent aux touristes-marcheurs-qui-ont-le-Frenzy. Bref, on n’était pas beaucoup sur cette plage ! Mais attention, prévoyez bien votre timing avec les marées !

Pour info, cette rando ressemble pas mal à celle que nous avions fait tout au Nord du Coromandel, la Coromandel Walkway. Balade de côte, vue sur l’océan, plages isolées, etc. Si on devait choisir, on vous recommanderait de faire celle du Coromandel, pour la plus grande diversité de paysages qu’elle peut offrir par rapport à cette rando à Whakatane.

 

 

 


 BONUS – L’anecdote bien inutile qu’on racontera à nos arrières petits-enfants


Ca commençait bien, gentils voisins

Lors de notre passage dans la région, on a décidé de passer une nuit au bord de l’océan à Papamoa : super petit coin prisé des surfeurs, avec un parking où les vans self-contained sont autorisés. On s’installe à coté d’un bus énorme, on fait notre petite vie, Romain part goûter l’eau, on est au top. Au moment où Romain revient, un des petits vieux installé dans le bus voisin me salue, me fait un sourire… je lui rends, bien contente d‘avoir pour voisins des locaux pépères #marredesbolossavecleursono !

S’en suit la traditionnelle discussion de voisins de camping un peu kitchou sur les différents véhicules de chacun « oh le beau van aménagé ! ». On est invités à bord pour visiter et pour l’apéro, pourquoi pas ! Et nous voilà donc assis avec trois petits vieux et un fumet étrange probablement lié au dernier coup de ménage datant d’avant la naissance d’un d’entre eux… Un verre puis un autre, deux des messieurs rentrent chez eux, nous laissant avec le propriétaire du bus.

 

Allô Houston, y’a un gros malaise.

Après quelques discussions très orientées politique de droite (on s’attendait à ce qu’il nous sorte sa carte du parti bleu marine), on a vu notre hôte sortir une soucoupe avec de la Marie-Jeanne. Un peu de beuh pour un petit bédot ? On décline gentiment, pendant que lui nous jette deux ou trois œillades insistantes en mode « allez, je dirais rien va ». Un regard, on se met d’accord : fin de la petite sauterie, ça devient bizarre, on rentre à Melun dans le van.

Notre hôte Bertrand* nous assène le coup final avec son sourire flippant jusqu’aux oreilles nous annonçant « orf, de toute façon, moi je prefère la coke… aaaaaah ce que j’ai pu m’en mettre dans le pif… Attendez je vais vous montrer combien j’aimais ça ! ». Malaise. Gros malaise.

Notre face ce soir là. Vraiment.

Quand il part fouiner dans son armoire, on s’attend au pire : un sachet de 2 kilos de coke ? Des papiers d’identité pour nous avouer qu’il est en fait Pablo Escobar après 19 opérations de chirurgie foirées ? Un flingue ? Il nous sort un énorme blouson en cuir des années 80: une tête d’aigle et un « I Love Johnny » et on s’y croirait. La drogue est cachée dedans c’est ça ?? Non, Bertrand* s’insère  joyeusement le crochet du cintre dans la cloison nasale, et s’exhibe devant nous fier de son coup en se dandinant façon Pin Up glauque. Ah çaaaaaaa… il a du s’en mettre pas mal dans le pif de la farine effectivement… On finit par trouver une excuse bidon pour s’éclipser poliment, en espérant ne pas le recroiser d’ici notre départ. Ils sont gentils les kiwis, mais y’en a des chelous…

* son nom a été changé pour conserver son anonymat, au cas où il s’agisse bien de Pablo Escobar.

 

 


Pour voir toutes les photos de la Bay of Plenty, c’est par là.

La prochaine étape ? On part explorer la région de Gisborne !