Montréal on t’aime mais on te quitte

Une page s’est tournée le 12 Mai dernier, au moment d’embarquer pour notre vol retour vers la mère patrie : la fin d’une aventure Québécoise de 3 ans pour Romain, 1 an pour moi.

Revient alors souvent la question des proches : « Montréal c’est comment ? ». Autant dire qu’il est impossible de donner une réponse courte et objective ! A force d’en parler, on a réussi à identifier ce qui nous a séduit et ce qui nous manquera moins dans notre expérience au pays du sirop d’érable. Alors, Montréal qu’on aime et Montréal qu’on aime moins, ça donne quoi ? Petit bilan de nos expériences :

 

Jolie Montréal, on t’aime parce-que…

 

  • On fait le plein de musique et de culture | Francofolies, Festival du rire, Jazz festival, expositions… Montréal est un bouillon de culture, gratuit la plupart du temps ! La ville travaille fort pour maintenir cet esprit et rendre les événements accessibles au plus grand nombre. Le Musée d’Art Contemporain n’hésite pas par exemple à se transformer en terrain de jeux pour un festival d’éléctro, où on danse dans les salles d’expo… Plutôt fun !
  • On connait la signification du mot « tolérance » | Religion, sexualité, tenue vestimentaire, opinion politique… On ne sait pas si elle vient de la consensualité naturelle des Québécois ou de la diversité générale qu’on y retrouve, mais une chose est sûre… Les Québécois sont tolérants! Hommes ou femmes, chacun fait ce qui lui plait ! On n’a rarement vu autant de plaisirs capillaires qu’à Montréal : cheveux multicolores, coupes déstructurées, dreadlocks…
  • On n’a plus jamais faim devant Koh-Lanta | Manque de sauce pour l’apéro ? Plus de beurre ? Des invités surprises ? Quelle que soit l’heure, à peu près partout dans Montréal, on trouve des « dépanneurs » : ces petits magasins sont présents tous les 2 coins de rue et sont ouverts jusque tard. Avantage par rapport à Paris et ses « pakis » ? Les prix ne sont pas exorbitants, ce qui fait des dépanneurs le meilleur ami des Montréalais !
  • On peut continuer de vivre après avoir payé son loyer | Quand on a connu les loyers de Paris ou d’Annecy, on apprécie de pouvoir s’offrir un appartement sympa à un prix abordable sans devoir faire 2h de métro ou de bus pour aller travailler. Pour 650 dollars par mois (440 euros), nous avions un salon, une chambre et deux balcons dans Montréal, à 6 minutes à pieds d’une station métro. 20 minutes de transports en commun ou de vélo pour aller travailler, sans devoir vendre un organe vital pour payer un loyer de chambre de bonne… c’est ça aussi Montréal!
  • On fait le plein de verdure | Entre les parcs aussi gigantesques que bien entretenus et les randonnées possibles à quelques heures de voiture, Montréal a réussi un exploit urbain : faire cohabiter les rues bétonnées et tracées au cordeau et les espaces verts. Parfait pour s’échapper du quotidien en 2 minutes chrono! En ville sans être en ville… Ce serait pas un peu ça le paradis?
  • L’été est incroyable | Bon ok, il dure 2 jours… mais waouh! Plus sérieusement, l’été est attendu comme le saint Graal chaque année, mais quand il se décide à pointer le bout de sa truffe, il fait oublier les rudesses de l’hiver ! Journées ensoleillées, soirées douces en températures et en lumière, barbecues dans les parcs, semaines de 4 jours et demi, terrasses bondées et festivals à chaque coin de rue… Montréal en été, tu es sublime !
  • Les gens sont foncièrement gentils | Le tutoiement naturel, le sourire des vendeurs dans les magasins, l’entraide au quotidien… Les Québécois ont cette force d’être accueillants et chaleureux! Dur pour nous de revenir au vouvoiement qui met instantanément une barrière entre les gens…  Être perdu dans Montréal, plan de la ville à la main et regard hagard, pendant plus de 10 minutes ? Peu concevable, une âme charitable viendra proposer de l’aide ! On avait presque oublié combien la vie était douce quand elle est remplie de gens bienveillants!

 

 Par contre, ça, ça nous manquera moins…

 

  • L’hiver qui dure 8000 ans | Oui oui, quand arrive Février, on a l’impression d’être en hiver depuis tout ça de temps ! L’hivers 2016 n’a pas été très froid, mais osti d’marde il a été interminable! Une semaine avant de quitter le Canada, des flocons de neige avaient l’insolence de tomber … Quand quelques jours plus tôt on sortait avec plaisir les petits hauts et autres tenues printanières… Seule solution ? Ne pas subir son hiver mais le vivre : on s’équipe avec tout le tralala pour ne pas se transformer en glaçon par -25°C, et on sort faire du patin à glace, on loue une voiture pour aller en chalet, on fait de la luge, on va danser sur de l’éléctro en extérieur à l’IglooFest …!
  • Les piscines de rue | Pas question de bassin olympique ici, juste de magnifiques flaques composées de neige fondue et de boue : la SLUSH ! Cette merveille de la nature est fourbe… A chaque trottoir un peu mal foutu ou nid de poule, on trouve de belles piscines naturelles qui, au soleil, ressemblent à une plaque de neige. Fourbe, on vous le disait. On comprend sa douleur une fois qu’on en a jusqu’à la cheville, bien évidemment.  En vélo ou à pieds, chaque passage de voiture à proximité s’apparente à une partie de roulette russe: « combien qu’on va en prendre plein la face ? ».
  • La fiabilité horaire des transports en commun | « Oui bonjour, je devais arriver à 9h, mais 9h avec quelle marge de retard ? » … Montréal et ses 4 lignes de métro, bien souvent en panne, c’est du bonheur en termes d’organisation ! Autre subtilité : les bus qui ne passent jamais. En été on relativise et on attend le prochain, en plein hiver avec les cils qui gèlent, on a tendance à vriller zinzin quand on attend 25 minutes de bon matin…
  • Penser que les Québécois sont nos cousins | On pense naturellement que débarquer dans une région qui parle la même langue que la nôtre équivaut à être « comme à la maison »… erreur! Le Québec, ce n’est pas la culture franco-française, nos références ne sont pas les mêmes et notre humour est bien différent. Le second degré n’est pas perçu comme il peut l’être en métropole par exemple… Pas toujours facile dans ce contexte de s’intégrer !

 

 

 

En bref, on a aimé notre expérience à Montréal ! Chacun à notre manière on a profité du Québec, été comme hiver ! La douceur de vivre Québécoise et la qualité de vie au quotidien nous a marqué: on ne sait pas encore si on y reviendra, mais si c’était le cas, nous nous armerons de notre plus belle doudoune en duvet pour affronter les hivers, et croquerons la vie parfum sirop d’érable à pleines dents ! Montréal, c’était un au revoir, mais surement pas un adieu…

 

 

Poster un Commentaire

Pas encore de commentaires... tu te lances ?

error: Uh oh ... contenu protégé !