Canterbury 2/3 | Arthur’s Pass National Park

Bon. La côte, les phoques et compagnie, c’est bien c’est sûr. Mais la montagne c’est mieux ! A chaque fois que je disais « l’île du Nord c’est beeeaaauuu ! », Lily me répondait toujours « Ouais mais attends de voir l’île du Sud avec les Alpes ». Il était donc plus que temps d’aller tâter un peu de l’altitude ostie ! Du dénivelé, de la rocaille en pagaille ! Des faucons sauvages, des chamois acrobates, de la neige en été sur les sommets ! Des edelweiss en tabarnak (est-ce qu’on met un troisième « s » à edelweiss au pluriel ???) !

Hein ? Quoi ? Ah, on m’annonce dans l’oreillette que je confonds les Alpes du Sud de NZ avec les Alpes françaises… Au temps pour moi je m’emporte un peu… Bon ok aller, il n’y a pas d’edelweiss en NZ mais leurs Alpes à eux, elles sont belles aussi… Et quoi de mieux pour illustrer mes dires que de commencer par vous conter notre excursion dans le Arthur’s Pass National Park !

 
 

Sur la route : entre dédicace à Homer et décor du Seigneur des Anneaux
Springfield, la ville des Simpson

Une Lily dans un Donut

Avant d’arriver dans le Arthur’s Pass National Park, nous avons fait un petit stop pipi miam dans la ville de Springfield !

Oui oui, Springfield comme la ville où habitent les Simpson. Puis comme en Nouvelle-Zélande ils aiment beaucoup les grosses sculptures en ciment bien dégueulasses criardes, beh il fallait absolument rendre hommage à la série de Matt Groening : un donut géant trône donc au milieu d’un parc à Springfield, Nouvelle-Zélande… ! Il y a même un petit marche-pied pour monter prendre sa photo au milieu du donut. C’est bien foutu je vous dis…

Et bien entendu, en bons touristes que nous sommes, nous avons pris des photos… Big up Homer !

 

Castle Hill

Un peu plus loin sur la route, un lieu un peu plus sérieux et plus impressionnant que le donut de Springfield : Castle Hill et ses rochers gigantesques posés à même les collines comme des dominos géants (ou plutôt des osselets géants).

L’ensemble est pas mal chouette à voir, surtout si on prend le temps de se balader au cœur de ce labyrinthe naturel. Autant vous dire que Lily a eu l’impression d’escorter un gamin au parc tout l’après-midi : j’ai couru partout, escaladé le moindre rocher, sauté comme un singe de plateforme en plateforme… Bref j’ai adoré ! Le premier truc qui m’est venu en tête quand j’étais au milieu de tous ces rochers gigantesques : « une partie de paintball ici ce serait formidable ! » (#Gamin). Bon ok ce serait peut-être un peu dangereux avec ces falaises de 30m de haut mais bon…

 

 
 

Arthur’s Pass National Park : enfin un peu de montagne !
Bealey Spur track : à la croisée des vallées

Avec Lily nous avions décidé de profiter de nos quelques jours sans pluie pour faire un peu de rando dans le parc. Il faut dire que les lieux offrent de nombreux panoramas sur la vallée, quand on accepte de marcher un peu.
La première rando que nous avons faite est la Bealey Spur Valley track. Attaquée sous un ciel couvert, cette belle marche A/R monte modérément et progressivement et offre très rapidement de superbes points de vue sur les deux vallées environnantes. Après 1h/1h30 de grimpette, la forêt se dissipe et laisse place à un beau spectacle à 180°. Malgré le vent, nous sommes restés là quelques longues minutes pour profiter du spectacle et prendre plein de photos.

 

 

Un peu plus haut se trouve une petite hut toute mignonne en métal vert. Enfin ça, c’est vu de l’extérieur, parce qu’à l’intérieur c’est plutôt déco dépouillée façon « ruée vers l’or de 1850 ». On s’est demandés comment ça tenait encore debout. Qu’importe, on n’avait pas prévu d’y dormir mais plutôt d’y faire notre pause lunch ! C’est alors qu’on a découvert derrière la hut une belle hache avec quelques troncs au sol. Ni une ni deux, tournoi de bûcheronnage entre Lily et moi !

Et là, à ma grande surprise, j’ai découvert un nouvel aspect de ma copine : la Lily fermière ! Je savais bien qu’elle avait ce petit côté campagne-sauvage en elle, mais je ne l’avais pas encore vu à l’œuvre… Eh bien cher auditoire je n’ai pas été déçu ! Lily a tranché le bois tel un bûcheron canadien un matin d’hiver par -30°. Shlak ! Shlak ! Pok (oui des fois la hache vrillait un peu avant l’impact…) ! Quel spectacle ! Et pas une ampoule Messieurs Dames (contrairement à moi) !

Bref on a bien rigolé, avant d’entamer la descente par le même chemin, sous un soleil qui daignait enfin montrer le bout de son nez.

 

Avalanche Peak / Scotts track loop : le Tongariro Crossing de l’île du Sud

Après cette belle petite rando au-dessus de la vallée, j’avais envie de m’attaquer à un truc un peu plus solide et un peu plus exigeant. Le guide Frenzy m’a apporté la réponse sur un plateau : la boucle Avalanche Peak / Scotts track !

Sur le papier, on parle d’une ascension de +1100m de dénivelé pour seulement 5km jusqu’au sommet (autant te dire un beau dénivelé). De là haut, on profite d’un magnifique panorama à 360° sur toute la chaîne de montagnes environnante. Le DOC annonce 6-8h A/R pour la faire et qualifie la rando de très difficile : je veux la faire en 4h (challenge accepted !) Hop je fais le sac avec seulement le nécessaire : poche à eau, coupe-vent, t-shirt de rechange, barres de céréales. Et zou je décolle en commençant par la Scotts track ! Je redescendrai par Avalanche Peak track. Il m’a fallu 1h40 pour atteindre le sommet. C’était raide, ça grimpait sans cesse pour finir sur un chemin de crête étroit et vertigineux.

Mais une fois là-haut, pour peu que le temps soit dégagé, la vue est vraiment superbe, entre glaciers suspendus et vallées encaissées. J’ai même vu mon premier kéa là-haut ! Ce magnifique perroquet alpin néo-zélandais (Nestor Notabilis pour les plus ornithologues d’entre vous) est considéré par les scientifiques comme un des oiseaux les plus intelligents au monde. Pour l’avoir vu à moins d’un mètre, je confirme qu’il est très curieux, voire même malicieux. Ainsi, il n’est pas rare de voir un kéa ouvrir un zip de sac et s’emparer de tout ce qu’il pourra y trouver : appareil photo, go pro, barres… Des petits malins je te dis… Quoiqu’il arrive, il est interdit de nourrir un kéa (= poison pour eux, accoutumance à la nourriture humaine, etc.). Autre info fun (ou pas) sur les kéas : ils adorent bouffer le caoutchouc. Gare à vos pneus de voiture donc !

Après cette belle pause bien méritée, il était temps pour moi de redescendre via l’Avalanche Peak track. Après 1h20 de calvaire pour les genoux, je retrouvais ma douce au van, pas mécontent de ce que j’avais vu et ce que j’avais sué…!

 


Cette première visite dans les Alpes du Sud nous a vraiment fait du bien et nous en avons pris plein les yeux, malgré le temps très mitigé. Le Arthur’s Pass National Park a clairement tenu ses promesses en termes de paysages grandioses, aussi bien sur la route que sur les chemins. On a hâte de continuer notre épopée alpine, avec la prochaine étape, encore plus belle, au Mt Cook…


Pour la galerie photo, c’est par là.