Canterbury 3/3 | Le Mont Cook et environs

Quelques 2980 piqûres de sandflies, moustiques et autres sales bêtes à vocation destructrice d’épiderme plus tard, on reprenait la route. Adios Arthur’s Pass, cap au Sud, à l’abordage du Mont Cook et des merveilles qui l’entourent ! Chance inouïe, notre séjour dans la région a coïncidé avec une vague de chaleur assez unique : fais péter le bikiniiiii !

 

Tekapo, où l’illustration même du mythe « attentes VS réalité ».
Tekapo Kesako ?

Tekapo elle te dit la dame ! Située dans le district de Mackenzie, cette ville porte le même nom que son lac : Tekapo. Sculpté par les glaciers qui recouvraient encore la zone il y a environ 15 à 20 milliers d’années, le lac se révèle tantôt bleu azur, tantôt turquoise. La ville fait quant à elle partie d’une zone déclarée comme réserve de ciel noir de l’UNESCO, ça en jette non ?

Les Maoris ont été les premiers à découvrir la région : le nom Tekapo proviendrait des mots maoris taka (tapis de sol) et po (nuit). Info historique qui réveillera le Stéphane Bern qui sommeille en toi : la région n’était pas vraiment connue des Européens jusqu’en 1855 lorsque, James Mackenzie, un voleur de moutons écossais, s’aventura à l’intérieur des terres pour trouver une route moins visible et ne pas se faire pincer. Et PAF ça fait des Chocapics c’est ainsi qu’on découvrit le haut pays qui porte maintenant son nom.

 

 

Church of the Good Shepherd, entre charme fou et dérives

Dans tous les guides touristiques, blogs, sites commerciaux, profils Instagram on retrouve LA photo typique de l’Ile du Sud : la bien nommée « Church of the good Shepherd« . Cette église grande comme la paume de la main et située au bord du lac Tekapo est le terrain de jeux fétiche de nombreux photographes. Réputée pour les clichés magnifiques qu’on peut y prendre en plein milieu de la nuit sous une voie lactée incroyable, cette église a un cachet fou !

Par contre, dans aucun guide on ne te parle des dizaines de bus qui s’y arrêtent chaque heure, déchargeant leur lot de touristes affamés de clichés instagrammables. Pressés de déclencher l’appareil pour THE photo, THE selfie, on en oublie les bonnes manières : demoiselles avec des jupes à ras-la-salle-de-jeux qui rentrent sans trop de problèmes dans l’église, kékés des bois torse nu qui suivent en braillant, photos rigolotes derrière l’autel avec des poses absolument inappropriées, escalade de l’église pour le fun… Une demie heure devant le site et on assiste à une étude sociologique très particulière.

 

 

Les dérives en sont arrivées à un tel point qu’un grillage a été installé autour de l’église pour permettre aux offices et mariages de se dérouler sans l’interruption d’un couillon en mal de photo « comme dans le Lonely Planet ». Le bon coté c’est que la bêtise humaine génère des emplois ! Une personne est postée sur le site toute la journée pour rappeler aux gens qu’il s’agit d’un lieu à caractère religieux, et que jouer avec la statuette de la Vierge Marie, c’est moyen, éthiquement parlant. Affligeant.

Déçus et un peu attristés par le va-et-vient incessant de bus plein à craquer et le spectacle qui l’accompagne, on s’est mis en route vers l’observatoire du Mont John un peu plus loin.

 

Observatoire du Mont John : La machine a pognon est lancée !

Trop contente de retourner au sommet du Mont John, j’ai profité du trajet pour faire un gros teasing à Romain tout le long du trajet : « vue incroyable, petit café sympa, couleurs folles… Ca va être malade, tu vas adorer » ! Arrivés en bas du mont, on déchante. En l’espace de deux ans, ils ont installé des barrières et une cahute avec un petit jeune qui ramasse les billets ! Fini l’accès standard à l’observatoire ou même simplement au mont, maintenant, il faut payer ! A coup de 8 dollars par voiture, leur café a intérêt à gouter la truffe caramélisée !

 

 

La vue au sommet est toujours aussi belle, même si elle a un arrière gout amer de piège à touristes. On profite d’un ciel dégagé pour en prendre plein les yeux : les couleurs sont folles, et le panorama à 360 degrés impressionnant.

 

Pukaki : le jour où on est tombés en amour avec un lac

Impossible de te décrire notre réaction quand on a aperçu le lac Pukaki : Romain au volant répétait inlassablement « mais c’est trop beau », et moi, comme une enfant de 8 ans, qui tapais dans mes mains en laissant échapper des sons aigus qui ressemblaient à des « ouiiiiiiiiiiii ».

En fond ? La chaine de montagnes entourant monseigneur le Mont Cook et la neige éclatante en son sommet. En premier plan ? Un lac sublime, aux couleurs improbables : un peu comme si quelqu’un avait déversé du canard WC bleu roi avant notre arrivée. Le tout avec un sublime ciel bleu, parsemé de quelques nuages cotonneux sortis tout droit d’un fond d’écran Windows.

 


 

Magique. On n’a pas résisté longtemps : la chaleur était écrasante et nos guibolles endolories à force de rouler… en maillot de bain et à la flotte ! Ce moment restera je pense l’un des plus beaux souvenirs de Nouvelle Zélande : se baigner dans une eau cristalline, à température idéale, face à un panorama aussi splendide… c’était juste magique. Un moment hors du temps. Le coucher de soleil et ses contrastes rosés ont clôturé la journée en beauté, nous laissant des étoiles plein les yeux pour rejoindre Morphée.

 

 
 

Et si on découvrait le Mont Cook ?
Pukaki – Mont Cook : la route vers le paradis existe bel et bien !

Au réveil, le Mont Cook nous a fait l’immense honneur d’enlever son chapeau de nuage habituel : un ciel bleu azur qui annonçait une sublime journée. Ni une ni deux, on s’est équipés pour randonner sur la Hooker Valley Track, au pied du Mont Cook. La route pour rejoindre le départ de la randonnée a été plus longue que prévue : à force d’arrêts photo toutes les trois minutes, on a été … lents… très lents ! Pour notre défense, les reflets du soleil tout juste levé étaient irrésistibles, on a essayé de lutter pourtant, mais on a fait chauffer la carte mémoire de l’appareil photo quand même…

 


 

Hooker Valley track : Aller toucher les icebergs au pied du Mont Cook

La randonnée en elle-même est très accessible avec un chemin tout tracé et bien entretenu, sans dénivelé ni difficulté. Moins d’une heure après le départ, on arrivait au pied du lac formé par la fonte du glacier. Il ne manquait que le Ricard, parce que les morceaux d’iceberg auraient été parfaits en guise de glaçons ! On est restés au bord du lac deux heures, incapables de se résigner à quitter cet endroit magique.

 

 

Craquage de slaïpe et vol en hélicoptère

Il y a deux ans, j’avais découvert le Mont Cook d’en haut, pendant un vol en hélicoptère qui m’avait laissé un souvenir incroyable. J’avais à cœur de partager ça avec mon binôme de vie, et le ciel bleu azur me confortait dans mon choix ! La seule fois où Romain était monté dans un hélicoptère, c’était un peu par obligation après qu’on lui ait offert un shoot d’adrénaline pour ses 30 ans. Pour ne pas faire les choses à moitié, son baptême de l’époque s’accompagnait alors d’un bonus appelé « on te balance de l’appareil avec un parachute et un caleçon de rechange au cas où, merci bonne journée au revoir ». Cette fois-ci, ce serait tout en douceur, sans parachute, juste un paysage à couper le souffle.

 

Le lendemain matin à 9h, on remplissait les formulaires d’usage avant le vol ! Nous avons eu une chance folle en apprenant qu’on ne volerait pas en pleine capacité de passagers : deux personnes ne s’étaient pas présentées, et on ne serait que 4 personnes en plus du pilote. Romain a sorti son plus beau sourire et essayé de négocier pour monter devant : manque de bol, pour des raisons de sécurité, le choix se ferait selon le poids des passagers pour l’équilibrage de l’appareil. Et là, je me suis dit qu’ils ne me laisseraient jamais monter Romain a remercié son métabolisme hyper-actif qui le fait maigrir à vue d’œil : à lui la place de choix à l’avant, et derrière les 3 gros (pour le coup, les deux autres passagers avaient vraiment tendance a bien mangé, j’ai eu la chance donc d’être collée à la vitre derrière, tentant de garder un bras libre pour les photos, un vrai régal).

 


 

Nous avons profité de 20 minutes de vol exceptionnelles avant de nous poser sur le glacier et d’aller tâter la neige ! Le retour est passé encore plus vite que l’aller, on en revenait pas de vivre ce moment magique. Au total, le tour a duré 40 minutes, nous laissant avec un sourire indélébile sur le visage, et des papillons dans le ventre rien qu’en repensant à cette expérience.

 

Mueller Hut : Des fesses en acier à la clef !

Après les émotions du vol en hélicoptère, nous avons pris une journée de repos (oui je sais c’est insolent) au bord du lac Pukaki, alternant entre baignade au paradis et sieste sur la plage, seuls au monde. On te l’a dit, c’est dur la vie de voyageur parfois… Mais le repos n’était qu’annonciateur de terribles souffrances ! Le lendemain nous avons repris la magnifique route menant au Mont Cook pour la randonnée de la Mueller Hut. Si Romain ne savait pas vraiment ce qui l’attendait, les courbatures de la même randonnée il y a trois ans se rappelaient à mon bon souvenir !

La Mueller Hut c’est 2500 marches à monter pour atteindre le premier plateau, puis de la grimpette dans les roches avant le sommet. La récompense est immense, avec une vue splendide sur le Mont Cook et les glaciers environnants. La hut alpine perchée au sommet vaut elle aussi son pesant d’or : perchée sur pilotis, sa couleur rouge vif dénote sur le paysage rocailleux qui l’entoure.

Je vais être honnête : soit les marches étaient plus petites il y a trois ans, soit j’ai effectivement morflé corporellement parlant ! Maudits soient les soirées pizzas, les cookies devant Koh Lanta et autres douceurs du palais qui ont été mon calvaire pendant ces 2500 interminables marches !

Mes cuisses hurlaient au meurtre à chaque pas quand mon cœur battait si fort que je le sentais dans mes clavicules. En d’autres termes, j’en ai chié. Romain lui grimpait tranquillement, en petit chamois des Alpes Néo-Zélandaises, tout en marquant des pauses pour attendre le veau en fin de vie sa douce moitié qui trainait sa peine en contre bas.

Arrivés au sommet, on a sorti les bonnets, les polaires et les coupes-vents pour protéger nos carcasses en sueur des bourrasques fraîches qui nous frappaient en pleine face. Le froid et le vent n’ont pas réussi à nous faire plisser les yeux : on ne voulait rien manquer du spectacle ! Quelques efforts supplémentaires et on rejoignait la hut pour un lunch et quelques parties d’échecs.

 


 

Même si pendant les 3 jours qui ont suivi, chaque trajet pour aller aux toilettes a ressemblé à une expédition pour l’Himalaya (#mesjambesmebrûlent #passportive), la Mueller Hut Track restera une des plus belles randonnées à la journée que nous avons eu la chance de faire en Nouvelle-Zélande !

 


Voilà… dur de te résumer cette escapade incroyable dans la région du Mont Cook tant on a été charmés ! Si on avait pu arrêter le temps et rester là-bas avec nos grands yeux ébahis, on l’aurait fait ! D’autres aventures nous attendaient, alors on a préparé notre monture et on a repris la route, direction le Sud et la région de l’Otago. Mais ça, c’est pour le prochain article !