Gisborne, cap à l’Est !

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Capitale non officielle du Chardonnay, Gisborne c’est la destination à ne pas louper quand on aime le bon vin, la culture Maorie et les grosses vagues à surfeurs !

Pour la petite histoire, quand le Britannique James Cook s’est pointé ici pour la première fois en 1769, il avait en tête de devenir pote avec la population locale. A priori ça ne s’est pas vraiment passé comme prévu puisqu’il est reparti fissa (après « quelques petites frictions » dirons-nous…) en nommant la baie sur laquelle il avait débarqué « Poverty Bay ». Sur le papier, ça contraste pas mal avec la Bay of Plenty qui vend du rêve à la pelle juste avec son nom.

Trop souvent oubliés, Gisborne et ses environs sont sublimes et valent le détour : on te raconte pourquoi on a aimé cette région à l’extrémité Est de la Nouvelle-Zélande !

 

Que la route est belle

La Bay of Plenty nous a fait rêver, avec ses sources naturelles et ses plages merveilleuses. En la quittant pour sa voisine la région de Gisborne, on savait qu’on allait trouver de nouvelles pépites de nature, mais aussi et surtout moins de monde : la pointe Est de l’île du nord est moins prisée des touristes, et peuplée historiquement de Maoris. On avait hâte de découvrir cette terre oubliée.

Sur le trajet, on a effectivement croisé très peu de véhicules touristiques. Quelques pick up, quelques voitures de locaux, mais assez peu voire pas de vans. Sachant qu’on cherche à éviter au maximum les foules, cette configuration nous plaisait d’avance ! Après un rapide arrêt pour découvrir l’église Anglicane de Raukokore datant de 1894 (spot parfait pour les photos de coucher de soleil), on se dirigeait à proximité du phare d’East Cape, un de nos objectifs découverte de cette zone.

 

On aurait aimé, mais cette photo n’est pas de nous ! Crédit photo : Outhere.kiwi

 

La folie des phares  : le East Cape lighthouse
La nana qui s’acharne avec ses phares

Tu l’auras compris, on t’en a déjà parlé, les phares c’est mon dada, et on va en découvrir un maximum ! Celui-ci figurait en haut de ma liste des inmanquables : situé le plus à l’Est de l’ïle du Nord, ce phare est réputé pour la beauté des levers de soleil auxquels il fait face. D’autant plus que lesdits levers de soleil sont les premiers au monde (on t’en parlait ici). Impossible de manquer ça !

Réveil programmé sur 4 heures du matin. Ca va piquer. Ca a piqué. Au réveil, les yeux tout collés et la tête dans le pâté, on espère profiter d’un spectacle grandiose, si possible sans une foule de curieux. On roule une bonne vingtaine de minutes sur une route probablement construite à coups de mines vu les trous qu’on y trouve, on chasse des lapins sauvages pas bien malins qui jouent avec leur vie, et on admire les toutes premières lueurs du jour.

 

Cardio et gros nuages au programme

On se dépêche, le jour commence à pointer le bout de sa truffe, et il nous reste encore 800 marches* à nous farcir. Je manque de claquer douze fois pendant la montée, ça s’annonce chouette. Arrivés en haut, on déchante en voyant qu’on est parmi les derniers arrivés, et que plusieurs personnes sont déjà installées et emmitouflées, en attendant le fameux lever de soleil. On se trouve une petite place, j’installe la GoPro et l’iPhone pour les timelapse, et on attend.

Les nuages ne semblent pas vouloir se tirer… On voit bien la lumière du jour s’intensifier, mais impossible de distinguer un lever de soleil décent. On caille, le vent froid ne nous laisse aucun répit ! Les gens partent les uns après les autres, bien conscients que ce ne sera pas LA matinée du lever de soleil mémorable. On se console en se disant qu’on vit probablement pour la seule fois de notre vie, le premier lever de soleil au monde. Si ça c’est pas la classe !

* certains parlent de 700, d’autres 750, on a entendu 800 marches… on gardera le nombre le plus impressionnant pour le côté aventurier et hautement sportif de notre voyage.

 

Le bonheur des lieux touristiques #ironie

Aaaaaah les touristes… Nos compères ! Nos préférés ? Les backpackers Allemands ! Jeunes, pas bien dégourdis, et une langue douce et chantante à l’oreille, généralement avec un niveau sonore à te faire péter le compteur à décibels. On les adore. Ca tombe bien, ils sont partout. On va revenir bilingue Allemand avant d’améliorer notre anglais à force. Bref.

 

Notre pépite du jour, un groupe de trois jeunes backpackers, deux allemandes et un anglo à priori. Une d’elle s’est illustrée dans la catégorie « je démolis la quiétude du moment en racontant ma vie le plus fort possible quitte à briser les noix aux 10 personnes autour de moi », quand la deuxième elle s’est révélée dans la catégorie « Pierre Richard ». Après avoir nonchalamment fait tomber la GoPro d’un des spectateurs présents ce matin là (sans boitier la goPro, tu penses bien, sinon ce n’est pas drôle quand ça heurte le bitume), elle l’a sagement repositionnée ni vu ni connu. Une vidéo de foirée, une. Une goPro de rayée, une.

Quand Romain me raconte ça, mort de rire face à la scène improbable, je flippe pour mon matos installé à deux endroits différents ! Un rapide coup d’œil à la GoPro : elle est en hauteur, ça ne craint rien. Un rapide coup d’œil à l’iPhone, sur un trépieds au sol au milieu de l’herbe et… WTF ?

Pour prendre sa photo, Madame Pierre Richard vient de poser son postérieur 10 cm DEVANT l’iPhone, ruinant au passage 1h45 de timelapse. Romain rit encore plus fort.

Moi j’ai envie de faire manger le trépieds à ma voisine germanique.

 

Le clou du pessstacle : on se retrouve juste eux et nous au sommet, espérant que les allemands nuages disparaissent comme par magie. Alors qu’on discute tous les deux, on s’entend dire qu’il serait opportun de « se décaler, un peu, là, par là loin derrière le phare, parce qu’en fait, on est sur leur photo de groupe et ça ruine le cadre ». Inspire, expire Lily. Romain lui se fend la poire devant mon exaspération.


 

Bof bof le phare, waouh le reste !

Finalement, ni le phare ni le lever de soleil manqué ne nous laisseront un souvenir impérissable. En revanche, la côte sauvage qui entoure le site et le paradis de verdure au pieds de la colline nous ont séduits ! Prendre son petit-déjeuner au milieu des chevaux sauvages, dans un cadre pareil, c’est juste magique !

Romain lui retiendra uniquement le contenu de son assiette et le maxi brunch qu’on s’est envoyé, mais ça c’est le manque de bonne bouffe qui lui noie le cerveau au fil du voyage…

 

 

Gisborne, la région où les Maoris se déplacent à cheval

Il y a quelques semaines, alors qu’on déjeunait sur notre spot à dodo à New Plymouth, un kiwi était venu nous aborder pour papoter avant d’aller travailler : installé dans la région de Taranaki depuis plusieurs années, il vivait avant à Tauranga dans la Bay Of Plenty. Quand nous lui avons expliqué notre itinéraire, il nous avait alors vivement conseillé de ne pas passer trop de temps dans la région de la Bay of Plenty mais de passer absolument par celle de Gisborne. Il nous avait expliqué, amusé, qu’on y voyait encore des Maoris se déplacer à cheval, et qu’on pouvait passer une journée complète sans croiser âme qui vive. Mouais, on sait qu’on à l’attirail du parfait touriste, mais on ne gobe pas n’importe quoi non plus…

Installés à proximité du phare d’East Cape, on s’est retrouvé avec les yeux comme des soucoupes en croisant non pas un, non pas deux, mais trois locaux, à cheval, dans la rue principale. Pas à cheval genre « c’est ma balade récréative », plutôt genre « je vais faire mes courses, je gare Jolly Jumper et je reviens ». C’était donc vrai ! La plupart montent à crue, sans scelle, et nous saluent dès que les regards se croisent.

 

Morceaux d’histoire et de découvertes
L’église Sainte Mary, à Tikitiki, un coup de cœur !

Pendant notre séjour, nous avons notamment pu découvrir l’église de Tikitiki : ce bâtiment a la particularité d’accueillir toutes les religions. Elle n’est réservée ni au culte du christianisme, ni aux croyances Maories, c’est un lieu de recueillement pour tous.

L’église sert de mémorial aux hommes Maoris de la côte Est qui ont combattus pendant la Première Guerre Mondiale. L’intérieur est sublime, alliant architecture traditionnelle qu’on s’attend à retrouver dans un tel lieu, et sculptures maories travaillées avec finesse. Construite dans les années 1920 à la demande d’un leader de tribu Maorie, l’église symbolise un bel effort de la communauté pour faire revivre leurs arts traditionnels.

 

 

Tolaga Bay

Bon, resituons un peu : Tolaga Bay c’est une ville, mais aussi, comme son nom l’indique, une baie. Sa singularité ? Au delà du fait qu’elle a été découverte par James Cook (encore lui ostie, il est partout), Uawa, son nom en Maori, est nichée au milieu de nulle part. Si aujourd’hui on y accède relativement facilement, il n’y a pas siiiiiii longtemps, c’était encore épique. La voie maritime était donc l’option favorite !

Et comment on fait pour faciliter le transit des bateaux quand la baie est mal foutue ? On construit le plus long quai de Nouvelle-Zélande avec pas moins de 660 mètres ! Parfait à l’époque pour accueillir les cargaisons et les visiteurs, la jetée est aujourd’hui le terrain de jeux des pêcheurs locaux et des amateurs de photo à la recherche du meilleur angle !

 

Tuahine lighthouse : encoooooore un phare

Sur une pointe de promontoire au nord de Gisborne, faisant face à l’océan Pacifique se dresse un phare en fin de vie. Une tour en ruine dont la colonne vertébrale métallique est orangée de rouille. Je te parle du phare de la pointe de Tuahine.

On est partis à la découverte de cette pépite abandonnée en suivant les conseils de notre meilleur ami : le Frenzy ! Accessible à marée basse, il suffit de trouver le bon chemin au milieu des rochers.

 

 

Pour la petite histoire, ce phare est la troisième tentative de la région en matière de construction : un premier phare en bois a vu le jour en 1905 avant de prendre feu après trois mois de service. La loose épisode 1. En 1909 c’est un second phare qui a été construit… Avant d’être… démonté ! Situé sur une caverne rocheuse instable, le phare sera démoli après l’apparition de fissures inquiétantes sur les falaises avoisinantes. La loose épiode 2. Peut-être un peu tannés de construire avant de ramasser les débris, les ingénieurs ont choisi un nouvel îlot de roche et ont creusé un trou cylindrique de 4 mètres de diamètre sur une profondeur de 2 mètres en dessous du niveau de la mer. Fondation sûre qu’ils disaient.

Né en 1911, le phare s’éteindra finalement en 1950 pour être remplacé par une balise électrique installée plus haut : triste fin. Plus de 100 ans après son inauguration le phare est toujours là, pour le plaisir des curieux : mais ça ne durera pas. La forte exposition aux éléments et le terrain instable sur lequel il a été construit auront, à terme, raison du phare qui perd plusieurs dizaine de centimètres chaque année : dans quelques temps, le phare de Tuahine sombrera dans l’océan. La loose épisode 3.

 

Vive le vent, vive le vent, vive le vent d’l’océan !
Une bière fraîche en attendant Papa Noël

Pendant que tu buvais probablement une tasse de chocolat chaud, devant la cheminée qui crépitait et les chants de Noël pour l’ambiance (oui, j’ai regardé trop de série sur M6 quand j’étais petite), nous on crevait de chaud ! Et oui, on a la tête en bas, et dans l’hémisphère Sud, Noël ce n’est pas tout à fait comme on en a l’habitude ! On t’avait préparé un article à ce sujet, tu peux le retrouver ici si tu veux te rafraichir la mémoire !

Bref. C’était donc un Noël parfum crème solaire pour nous ! Malgré un petit coup de spleen dû à la distance, on avait à cœur de se faire un vrai Noël en duo. Un petit tour au supermarché plus tard, on avait de quoi se préparer un bon dîner de réveillon à savourer au bord de l’océan ! De quoi trinquer, un duo de voyageurs et de la bonne bouffe : on l’a eu notre Noël !

 

 
 

Le précieux cœur vert d’Aotearoa

Cerise sur le gâteau ? Malgré notre règle de ne pas s’offrir de cadeaux (on trouve que voyager pendant un an c’est déjà pas mal chouette comme cadeau de Noël/anniversaire/saint Valentin/Pâques et compagnie), j’ai eu la surprise de voir Romain me tendre un paquet. Il n’a pas fallu beaucoup de temps avant que la buée ne s’immisce dans mes yeux… un collier de jade de Nouvelle-Zélande, tout un symbole.

La jade est une pierre que l’on trouve naturellement dans le pays, et qui a une vraie valeur pour les Maoris. Traditionnellement on ne peut s’acheter cette pierre pour soi-même : il faut la trouver, ou se la faire offrir. J’en rêvais depuis mon premier voyage, mais je ne voulais pas déroger à la règle du non-achat. Cadeau parfaitement choisi, avec effet garanti !

La jade Néo-Zélandaise est aussi connue sous le nom de Greenstone en anglais et de Pounamu en Maori. Il existe deux types de jade dans le monde : la néphrite et la jadéite qui ont des compositions différentes. C’est la néphrite qu’on trouve ici : elle a la particularité d’être composée de fibres aussi serrées que celles du cristal. Cette structure particulière la rend très solide. Les Maoris l’utilisaient d’ailleurs pour en faire des armes, des outils et des bijoux.

 


Des glissades et du fun à Rere Rockslide

Après avoir bien mangé pour Noël on fait quoi ? On enfile un bonnet de Père Noël ridicule et on va mettre sa brioche naissante sur un bodyboard, avant de se balancer sur un toboggan naturel avec plein d’autres touristes ouiiiiii !

Tu ne sais pas de quoi on parle ? On te parle de ce phénomène de glisse naturel que certains qualifient de « meilleur waterslide du monde » ou encore « toboggan le plus fun au monde »… ça fait rêver non ?? Rere Rockslide c’est 70 mètres de roche sur laquelle coule l’eau de la rivière Wharekopae : avec une inclinaison à 30 degrés, c’est le spot rêvé pour s’offrir un petit shoot d’adrénaline sur un matelas gonflable, une bouée, un tapis de yoga ou… les fesses !

 

LE YOUTUBEUR DEVIN SUPERTRAMP Y A TOURNÉ UNE VIDÉO TOP :

 

NOUS AUSSI, A NOTRE NIVEAU : (prépare toi une bassine tu vas avoir l’impression de faire du bateau)

 


Bref tu l’auras compris, la région de Gisborne est une nouvelle pépite de nature et de beauté que nous offre la Nouvelle-Zélande… moins fréquentée des touriste car située en dehors de l’axe traditionnel qui traverse le pays en son centre, on a pris énormément de plaisir à la découvrir !


Pour la galerie de Gisborne, clique ici !

La prochaine étape ? On part explorer la région de Hawke’s Bay !


 

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