J’ai travaillé chez Auckland Transport

 

Travailleurs, travailleuses, camarades ! Cet article est dédié à tous les forçats de la société, à tous ceux qui se lèvent tôt pour gagner leur croûte, à ceux qui travaillent plus pour gagner plus (bisous à nos lecteurs UMPistes), aux jeunes volontaires idéalistes et aux retraités actifs (grande partie de notre lectorat), et enfin à toi, devant ton écran, qui te demande depuis si longtemps : « Mais ils ont foutu quoi pendant 2 mois sur Auckland ? »

 
 

Travail où es-tu ?
Nourrir sa famille en travaillant sur les chantiers

Si vous avez lu notre FAQ sur le site, vous n’êtes pas sans savoir que nous avions prévu d’arriver en fin d’hiver en NZ pour acheter un van moins cher mais aussi pour travailler quelques mois durant la saison moche avant de prendre la route. Lily ne pouvant travailler à cause de son Visa de Visiteur, je me devais d’assurer seul, en bon père de famille dévoué, les traites quotidiennes et autres dépenses pour le maintien financier et psychologique de notre foyer de 3 (Lily, Logan et moi-même). L’idéal était de mettre un peu de beurre dans les épinards (#Expression des années 90) pendant 3/4 mois pour la suite du parcours. Après un premier mois de tribulations et une tentative ratée de travailler en microbrasserie, il ne me restait plus grand choix que de tenter ma chance avec les agences d’intérim d’Auckland pour du travail peu qualifié.

Après une mission sur un chantier, je décrochais un bon contact dans une compagnie qui monte et démonte des grandes tentes pour les événements (sorte de barnums géants/chapiteaux en dur pouvant aller jusqu’à 100m x 50m). Le job était cool, physique, varié, physique (je l’ai déjà dit ?) et correctement payé : 18,50$/h, quand le SMIC ici est à 15,75$/h. J’étais content : j’avais enfin du travail et en plus j’étais payé pour faire de la muscu pendant 8 à 10h par jour. Lily aussi était contente que je fasse un peu de sport après les trois mois à engraisser en France.

 

Tant pis pour la muscu, bonjour AT

Après 7 jours de travail d’affilée sur le chantier je décrochais, grâce à un contact pro de Lily, un autre job chez Auckland Transport pour deux mois :
– « Salut Romain, on a enfin trouvé un truc pour toi, c’est pour deux mois et c’est payé 24$/h pour poser tes fesses derrière un bureau pendant 8h par jour, ça t’intéresse ? » (Elle ne l’a pas vraiment présenté comme ça…)
– « C’est quoi le job ? »
– « C’est de la coordination au sein de l’équipe Corporate Accommodation, à la conciergerie du bâtiment. »
– « Super ! C’est clair comme du jus de boudin mais je prends ! »

 
 

Deux mois chez Auckland Transport
AT en quelques chiffres

Le samedi je finissais mon taff sur le chantier, le lundi j’attaquais ma première journée chez Auckland Transport. En quelques mots, Auckland Transport, ou AT pour les intimes, c’est :


Une des plus grosses compagnies de NZ avec un budget de 2 millions de dollars de fonctionnement PAR JOUR.
Quelques 1800 employés dont 1600 regroupés sous le même toit où je travaillais.
La compagnie qui gère tous les transports en commun de la région d’Auckland, à savoir les trains, les bus, les ferries et bientôt le métro.
AT prend aussi en charge toute la voirie (construction et aménagement des routes, infrastructures routières) et gère aussi les parkings publics et autres stationnements à Auckland.

Imaginez une compagnie regroupant la RATP, la SNCF, Corsica Ferry, Vinci parking, la DDE et le service stationnement de la police et vous avez Auckland Transport. Ils sont gros. Très gros.

 

Et moi dans tout ça ?

Beh moi c’est simple, on m’a mis à l’accueil du bâtiment, au rez-de-chaussée, dans le bureau de la Conciergerie avec un autre intérimaire américain, Matt. Moi j’étais en charge de créer et délivrer les cartes d’accès et autre formations Santé/Sécurité pour le building (« Les sorties de secours sont là, là et là-bas), lui était en charge de gérer toutes les opérations quotidiennes et autres problèmes de conciergerie (« On n’a plus de lait au 4e étage », « Les toilettes sont bouchés au 6e étage », « Je cherche la salle de réunion 3.17, c’est où ? »). Bref, des jobs assez pépères quoi.

Tous les vendredis, c’était BBQ de bienvenue chez AT. #Repas gratuits

 

L’équipe Corporate Accommodation dont je faisais partie avait été créée dans le cadre d’un déménagement d’envergure pour AT : jusqu’alors répartis dans plusieurs buildings autour d’Auckland, la société avait choisi de regrouper 90% de ses employés sous un seul et même toit en centre-ville, dans un superbe bâtiment sur 6 étages surplombant le front de mer.
L’équipe a donc géré pendant plusieurs mois toutes les opérations inhérentes à un tel déménagement, de la couleur des plinthes à la gestion du lait et du thé, en passant par la gestion des cartes d’accès pour les nouveaux arrivants.

 
 

Et alors faire Access Card Coordinator, c’est bien ?

Pas pire la vue depuis le 6e étage hein ? #VuePourLesPatrons #MoiJ’avaisVueSurLeParking

Bien qu’éloigné de ma formation de Chef de projets en agence de design, j’ai aimé mes deux mois chez AT, à faire ce que je faisais : finir à des heures décentes le soir, prendre le ferry, rendre service aux gens, voir autant de têtes différentes dans la journée, avoir l’impression de faire avancer les choses (à un petit niveau on s’entend), ça fait du bien. Ça me fait réaliser que le contact avec les gens, leur apporter satisfaction, entendre de bon commentaires à mon égard, c’est important pour moi dans mon travail. Je suis un mec qui marche au moral, j’en suis conscient. Cette expérience me conforte juste dans l’idée que je privilégierai toujours un job qui me rend un minimum heureux plutôt qu’un job qui me remplit les poches mais dans une ambiance de travail délétère.

Oui oui Maman et Papa, je vous entends de loin, je sais que l’idéal ce serait de trouver un job qui rend heureux et qui paie bien… Mais j’ai pas choisi le bon domaine pour ça… Et puis faisant partie de cette foutue génération Y, je ne crois pas, personnellement, que l’épanouissement personnel passe par un schéma professionnel traditionnel et cadré comme il y a 20 ans. Mais ça, c’est un autre (vaste) débat, dont j’espère pouvoir vous reparler plus tard…

 
 

 

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