Marlborough, des fjords et des fails

Bon, au début je voulais trouver un titre un peu plus décalé pour l’article, du genre « Marlborough, bien plus qu’une marque de clopes ». Puis je me suis rendu compte que la marque de cigarettes ne s’écrivait pas pareil

#EpicFail
#MarlboroClopesVSMarlboroughRégion
#LeTabacC’estTabou

Du coup la région du Marlborough on y fait quoi ? Beh pas grand chose ! Allez bisous ! « Enfin un article court » diront les mauvaises langues…

Bon en vrai, il y a un peu à faire, on dira juste que le temps et les prix exorbitants ne nous ont pas permis de profiter pleinement de cette belle région du Nord de l’île du Sud ! Aller on vous te raconte (oui Lily me force à employer le tutoiement plutôt que le vouvoiement, pourtant bien plus élégant et romanesque à l’écrit) quand même nos petites aventures !

Note pour les moins anglophones d’entre-vous, un « fail » en anglais veut dire « un échec » 😉

 
 

C’est pas l’homme qui prend la mer, C’est la mer qui prend l’homme
L’entourloupe du ferry

Wellington. Cela faisait plusieurs jours que nous avions posé nos valises dans cette belle ville et mis en pause notre planning de voyage, dans l’attente de la météo parfaite pour effectuer la traversée entre les deux îles. L’expérimentée Lily était catégorique : « mon cher Romain, mon cœur, mon amour, ma raison de vivre, mon roc face à la tempête, ma goutte d’eau dans le Sahara, nous ne traverserons pas tant que le temps ne sera pas parfait. L’entrée dans les fjords de l’île du Sud est majestueuse, on ne peut pas manquer ce spectacle enchanteur. »

 

Les Malborough sounds, première claque visuelle de l’ile du Sud

 

Après de belles journées passées a visiter le Te Papa Museum et à déguster les innombrables excellentes bières locales, réservation avait été faite pour la traversée le dimanche 7 janvier a 15h. La météo s’annonçait belle et dégagée, une aubaine incroyable après plusieurs jours d’averses.

Dimanche 7 janvier, 10h30. Lily voulait passer au port afin de s’assurer que tout était bon pour l’embarquement dans l’après-midi. Grand bien lui en a pris :

– C’est quoi votre nom déjà ? GREFFIER et BLASQUEZ ? Hmmm non je ne vous trouve pas dans le système pour cet après-midi…
– Si si cherchez bien Madame, on a réservé en ligne.
– Non désolé vous n’êtes nulle part. Vous voulez réserver un autre ferry ? Ah attendez je vois que tout est complet jusqu’à mardi…
– Raaah noon c’est impossible !
– Ah non ! Je vois qu’il reste des places pour le ferry de cette nuit à 3h du matin !
– Ne pleure pas Lily, ca va aller…

Cela faisait bien trop longtemps que nous étions à Wellington et Evelyne Dheliat n’annonçait pas un très beau temps pour les jours a venir. Tant pis, on prend le trajet de nuit pas le choix, on s’encroûte à Wellington.

Fail #1 ✔

 
 

Raoul, le compagnon de traversée de Lily

Lily au meilleur de sa forme…

Nous voilà donc rendus le lundi, à 2h du matin, les yeux collés, la pâteuse en bouche, dans le port de Wellington, à attendre notre embarquement dans le ferry de la loose nocturne. Une fois a l’intérieur, tout est charmant et assez confortable. L’accès aux voitures étant impossible durant la traversée de 3h, nous avions pris avec nous tout un ravitaillement de victuailles pour un petit déjeuner improvisé à bord. Imaginez bien la scène : Zézette et Cie se trimbalant en pyjama avec leur poche Auchan de boustifaille, à la recherche d’une place confortable avant que tout le monde ne s’installe. Parce que oui, il semblerait que « ferry de nuit » rime avec « dortoir party » : des hordes de gens crevés s’allongeant un peu partout sur les banquettes disponibles. Certains avaient même des couettes et des oreillers (true story).

3h du matin, le départ. Bye-bye Welly et l’île du Nord !

Et là, c’est le drame.

Lily n’est pas au top, ça tangue dans son oreille interne. Ça brasse dans son estomac. Comme dirait un grand chanteur, on n’a pas été loin du « J’ai vomi mon quatre heures, et mon minuit aussi » pour la pauvre Lily. Allongée en PLS pendant 3h de traversée sur 6 sièges, elle était au bout de sa vie. Autant vous dire qu’on a évité de peu un Titanic 2, avec l’évacuation de tous les passagers pour raison sanitaire.

Fail #2 ✔

 
 

La Queen Charlotte, randonnée splendide

Quand tu as la chance de la faire…

A peine remis de cette traversée en ferry mi-figue mi-galette, et pas rassasiés pour un sou des vues dans les fjords que nous n’avions pas encore aperçues, on avait prévu d’attaquer la Queen Charlotte track, fleuron de la randonnée dans la région de Marlborough. 5 jours de découverte, 71km à travers les Queen Charlotte sounds, de la tente, des paysages, du beau temps, du plaisir. C’est ça qu’on avait en tête nous :

 

Puis on s’est renseignés sur la météo pour les 10 jours à venir et sur les tarifs des bateaux-taxi (obligatoires et indispensables pour t’emmener au départ de la rando, car ce n’est pas une boucle) : temps bouché, averses ultra-présentes. 100$/pers. de bateaux-taxi, qui venaient s’ajouter à 18$/pers. de droits de passage sur des terres privées, et 45$/pers. de nuitée en tente.

– Excusez-moi mais je crois qu’il y a une erreur : je n’ai pas demandé l’option ravitaillement aérien ni la location de mulets pour porter nos sacs pendant 5 jours. Nous on veut juste marcher. Pourriez-vous retirer cela du prix svp madame ?

– Non non monsieur, c’est juste le prix pour vous emmener au depart de la rando ! Puis on vous offre de déplacer vos sacs par bateau tous les jours aussi, c’est compris dans le budget, il n’y a pas moyen de le retirer du prix…

– Eh bien merci escroc Madame ! Nous allons passer notre tour.

Fail #3 ✔

 
 

Des phares et des phoques
Phare où es-tu ?

On quittait donc la ville de Picton, déçus mais pas abattus, en direction de Blenheim au Sud-Est. La route le long de la côte jusqu’à Blenheim est jolie et sinueuse. On a pris notre temps sur les gravel roads, on a fait des pauses touristes sur les hauteurs afin d’admirer un peu les fjords quand même. Pas grand chose à faire du coté de Blenheim pour nous à cause la météo, du coup on a continué de descendre en direction du Cape Campbell Lighthouse, le phare le plus à l’Est de l’île du Sud (ouais ouais on sait, encore un phare…).

Oh le beau phare !

Accessible seulement à marée basse après une marche de 7km, le phare vaut vraiment la visite. Malheureusement pour nous, les horaires des marées basses et le temps encore une fois capricieux pour les jours à venir nous ont empêché de tenter l’excursion.

Fail #4 ✔

C’est ça aussi le voyage en itinérance des fois : ne pas pouvoir voir ce que l’on avait prévu à un instant T et être obligés d’avancer quand même, parce que derrière il y a un planning à tenir un minimum pour ne pas bâcler d’autres activités peut-être plus importantes a nos yeux.

 
 

Des aiguilles sur la plage et dans nos pieds

Qu’importe, j’avais spotté une rando légèrement plus au Sud dans le Frenzy, pour voir les Needles, des roches blanches verticales posées sur la plage telles des aiguilles. En plus, l’auteur mentionnait qu’une colonie géante de phoques campait aux pieds des Needles. Peut-être même la plus grosse colonie de phoques qu’il ait jamais vue ! Lily on la fait !

Le guide annonçait 3h de marche difficile et fatigante sur la plage, en plein soleil. Un Aller-Retour pépère le long d’une belle plage qui en valait la peine selon moi ouais ! Partis sereinement en tongs, avec 1,5L d’eau, quelques barres de céréales et l’envie de bouger enfin notre gras après des jours dans le van, l’expédition s’est avérée un peu plus compliquée que ce que nous avions prévu…

La belle plage de sable fin que j’avais en tête était en fait une plage de galets tantôt fins comme des graviers, tantôt gros comme des oursins, bref pas agréable ni en tongs ni a pieds. Tant pis, ça passe, on est trop loin de la voiture pour aller mettre des baskets (#GrosseErreur). Après plusieurs heures, c’était clairement difficile d’avancer en tongs dans ce m*rdier de cailloux a la c*n. Les cailloux chauffés par le soleil et les frottements perpétuels nous brûlaient les voûtes plantaires. Il nous aura fallu 2h en plein cagnard pour arriver aux pieds des Needles et enfin profiter du spectacle de la colonie de phoques.

Après plusieurs photos des gros phoques se prélassant au soleil, il était temps de repartir en direction de la voiture, sans grande envie de se retaper tout le chemin de retour. L’eau venant à manquer, Lily commençait à se sentir mal…

Le soleil tapait fort, il n’y avait plus d’eau maintenant, on avait le ventre vide, et voilà qu’elle finit par s’évanouir dans le sable tel Nicolas Sarkozy lors de sa sortie jogging de 2009 (sauf qu’elle, elle fait 1m80)…!

Oh peuchère ! Branle-bas de combat ! Mes réflexes de Mitch Buckannon d’Alerte à Malibu se réveillèrent d’un coup d’un seul. Grâce à ma formation Piou-Piou-Nageur-Sauveteur du Mickey Club Hossegor (Promotion 1995), j’allongeais Lily près d’un arbre mort sur la plage, histoire qu’elle se repose à l’ombre, pendant que je courais en direction de la voiture pour ramener de l’eau et de quoi récupérer.

La voiture se trouvant concrètement à 400m du lieu du drame, l’Aller-Retour se fît rapidement. La réanimation de la belle endormie-épuisée se passa en douceur, à coup d’eau sucrée et de mélange du randonneur (les connaisseurs sauront). Pfffiou la frayeur ‘stie ! Tu ne me refais plus jamais ça hein !

Puis la prochaine fois, promis on prend nos baskets et 3L d’eau…

Epic Fail #5 ✔

 
 


En bref, cette région nous aura laissé quelques souvenirs inoubliables, mais pas ce qu’on imaginait ! C’était nos premiers pas dans l’île du Sud, et c’était chouette ! On a hâte de vous raconter la suite de nos péripéties au Sud dans la région du Canterbury !


Pour voir toutes les photos de la région, c’est par là