Taranaki : la région aux 50 nuances de couchers de soleil

Quand j’ai quitté la Nouvelle-Zélande en 2015, le cœur lourd, j’avais ma liste de « zut, ça j’ai pas fait ». Dans cette bucket list des regrets figurait tout en haut monsieur le Mont Taranaki. Cette montagne aux faux airs de Mont Fuji, qui a la particularité d’être visible depuis l’espace. J’avais vu ces magnifiques photos du Mont, en arrière plan d’un phare aux couleurs bucoliques. Forcément, on se devait d’y passer !


 

Un quotidien auquel on prend vite goût

Les jours se suivent et ne se ressemblent pas : Logan avale les kilomètres sans sourciller, et nous prenons vraiment goût à notre nouveau quotidien de baroudeurs. Les paysages se succèdent, tous si différents les uns des autres. On ne se lasse pas encore du combo verdure/plage/ville/montagne qui rythme nos journées depuis bientôt un mois. La nouveauté avec la région du Taranaki, ce sont ses couchers de soleil improbables.

 

Longer la côte jusqu’aux 3 sœurs

Les sœurs de qui ? Naaaaan les trois sœurs ce sont ces trois rochers plantés au milieu de l’océan, sur la côte Ouest de l’Ile du Nord, juste au dessus de New Plymouth. L’arrêt s’est révélé être une vraie pause zénitude : grâce à notre statut de véhicule self-contained, nous avons profité d’un campsite isolé au bord de l’eau, entouré par les locaux qui semblaient être des habitués.

Un peu saoulée de me faire saccager les jambes, bras et toute partie de mon corps non couverte par les moustiques voraces, j’ai laissé Romain découvrir la plage en fin de journée. Quand j’ai vu les photos qu’il a ramenées, j’étais un peu furax d’avoir succombé à la menace moustique : des couleurs improbables pour un coucher de soleil démentiel, avec en prime le luxe de voir le Mont Taranaki en fond. Il l’a vu avant moi, sacrilège !

Il parait qu’on peut aussi voir des boulders sur cette plage : des rochers ronds sortis de nulle part, qui fascinent avec leur géométrie parfaite. On en verra plus tard sur l’île du sud, mais ceux-là ont l’avantage d’être moins connus. Moins visibles aussi. Selon les marées et les dépôts de sable, ils sont apparents ou introuvables. On a eu droit à la deuxième option.

 

New Plymouth, capitale de la région

On ne va pas se mentir, la région est connue pour deux choses : sa montagne, et sa ville. On cherche encore un peu la raison de la popularité de New Plymouth : c’est mignon, le musée est sublime avec sa façade miroir et sa forme originale, par contre pour le reste, on n’a pas été impressionnés. La seule chose qui nous a vraiment fait écarquiller les yeux, c’est le coût de la vie. Du caddie de courses au verre dans un bar, on a eu mal au porte-monnaie. Ca nous a rappelé Auckland et ses prix exorbitants… pas forcément la Madeleine de Proust qu’on espérait !

L’attraction principale de la ville c’est son pont aux lignes originales : tel un bon touriste chinois qui découvre que la Joconde n’est pas plus grande qu’un calendrier de l’avent, j’ai un peu bloqué devant la taille du pont blanc que j’avais vu en photos un peu partout. Il est tout riquiqui. Comme on le dit souvent pour rassurer, ce n’est pas la taille qui compte, et pour le coup nous avons vraiment aimé notre session photo au pont Te Rewa Rewa.

On a passé pas mal de temps à jouer avec les angles de prises de vues, observer l’architecture si particulière de ce monument et tenter d’apercevoir le Mont Taranaki en fond. Notre spot dodo étant tout prêt, nous avions tout le loisir d’en profiter.

 

Cape Egmont Lighthouse

Ma passion secrète en plus des nachos et du chocolat, ce sont les phares. Je trouve qu’ils ont quelque chose de magique. Ils m’intriguent. Ils sont photogéniques. Poétiques. Mystérieux. Je les aime quoi. La Nouvelle-Zélande en abrite un bon nombre, pour mon plus grand bonheur, et le désarroi non dissimulé de Romain qui sait pertinemment qu’on va tous ses les farcir. Les uns après les autres.

Le phare de Cape Egmont pour le coup, je sais qu’il a eu l’effet d’un coup de cœur géant pour tous les deux. Le luxe du voyage au jour le jour, c’est de pouvoir notamment passer une après-midi et une soirée entière à contempler le même panorama, au gré des changements de lumières. Le phare qui était beau en plein après-midi est ainsi devenu exceptionnel en fin de journée, quand la lumière du soir a sublimé sa façade blanche et sa porte rouge caractéristique. En arrière-plan, le Mont Taranaki lui jouait timidement à cache-cache avec les nuages. Un moment un peu hors du temps.

 

Incapable de quitter cet endroit idyllique, nous avons passé la nuit installés au bord de l’océan dans un champs. La lune, le Mont Taranaki, le phare, et nous.

 

Mont Taranaki, bonjour le brouillard, adieux mon cardio

Hors de question de se contenter du Mont Taranaki en fond, planqué derrière des nuages et des collines. On est venus pour en prendre plein les yeux ! Dans la plupart des guides touristiques sur la Nouvelle-Zélande, on trouve cette photo typique du Mont qui se reflète en miroir parfait dans un lac, entouré d’herbes jaunes qui rappellent la savane. « Moi, je veux ça » : c’est à peu près comme ça que j’ai présenté le projet à Romain.

Résultat, on est partis pour 2 jours de rando à la découverte du Mont Taranaki. Romain te raconte ça dans un article dédié ! En résumé : le premier jour c’était rando dans la purée de pois, pas de visibilité à 10 mètres et une Lily au bout de sa vie à recracher les chocolats des 85 derniers goûters à chaque marche. Tout a été bien vite oublié quand les nuages se sont enfin fait la malle en fin de journée, nous laissant le loisir d’admirer le Mont Taranaki qui se reflétait dans sa flaque (#syndromedelajoconde), « comme dans les magaziiiines ». Le jour 2, lui, s’est chargé de faire la peau à mes genoux, avec des marches en veux-tu en voilà.

 

RETROUVE L’ARTICLE RANDO ET PLEIN DE PHOTOS : POUAKAI CIRCUIT

 

Ce n’est qu’une fois au refuge le premier soir que j’ai découvert qu’il y a avait en fait un chemin qui permettait de faire la photo à touristes après une petite balade de 3h. Je crois que je me suis fait rouler dans la farine par mon binôme d’aventure.

 


 BONUS EXCLUSIF 


On a découvert la capitale du fromage…

J’avais lu sur facebook qu’à proximité du parc national se trouvait Stratford, réputée pour être la « capitale du fromage ». En dèche de bonne boustifaille depuis bientôt 4 mois, il fallait qu’on y passe ! J’avais bien vendu ça à Romain, qui était chaud comme la braise à l’idée qu’on se fasse un bon plateau fromage dans le van en récompense de la rando.

Arrivés dans la ville, aucun signe de fromagerie. Même pas une petite. Bon. Peut-être qu’on saura nous renseigner à l’office de tourisme. En effet. Oui oui oui. Stratford, la capitale du fromage… de supermarché. C’est bien ici qu’on fabrique les immondes cheddar en brique qu’on « mange » depuis notre arrivée. Voilà voilà. On appelle ça un bide.

 

… Puis la sublime capitale du pain

Sur la route pour rejoindre la côte au sud, j’avais repéré Manaia, connue comme étant la « capitale du pain ». Tu vois le truc venir ? J’avais vérifié mes sources cette fois-ci, comme une pro, c’est à dire sur google image (oui, et quand je suis malade, je vérifie toujours avec des sources fiables comme doctissimo). J’y avais trouvé une photo montrant le panneau avec le nom de la ville, surplombé par un énorme morceau de pain. Bon, on fonce. Du bon pain, croustillant, un vrai pain qui n’a rien à voir avec leur pain de mie habituel. Rien qu’en y pensant on salivait.

J’ai vu l’agacement sur le visage de Romain quand, au bout du 3ème tour de la ville grande comme un pâté de maison, on ne trouvait toujours pas le fameux morceau de pain géant. Ni aucune trace de boulangerie. En fait, Manaia est capitale du pain car… elle abrite une usine à pain de mie. On a ri, mais c’était nerveux.

On a déjà hâte de te raconter la capitale des taureaux, la capitale de la gumboot et autre attrape-pigeon made in New Zealand. (et avant que tu n’ailles googler ces informations, ces villes existent ici. Ouais. Ils ont des passe-temps pa-ssio-nnants).

 

 

Pour voir toutes les photos de Taranaki, c’est par là.

La prochaine étape ? On part à l’assaut du Mordor !

 

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